Μουσείο - Βιβλιοθήκη - Στρατή Ελευθεριάδη - Tériade
GRANT LIVRES

Ubu Roi

Couverture et frontispice
Écrit
Edition
Joan Miró (1893-1983)
Alfred Jarry (1873-1907)
1966, Paris
Imprimé en un volume 43 x 33 εκ.
Le texte a été composé à la main en «romain du roi» gravé par Philippe Grandjean au 17° siècle
13 Lithographies originales en couleurs in double page
Tirage unique sur vélin d’Arches:
  • 180 exemplaires, numéros 1-180
  • 25 exemplaires hors commerce, numéros I-XXV
L’auteur excentrique français, Alfred Jarry, contribua à un changement important dans le théâtre moderne avec son œuvre satirique et rebelle Ubu Roi (1896), qui le consacra comme l’initiateur du ‘Théâtre de l’Absurde’. Ce succès d’une présentation anarchiste, théorisa l’histoire amère du Symbolisme et se répercuta fortement sur les écrivains et artistes dadaïstes, surréalistes et futuristes. Dans la parodie insolite de Macbeth de William Shakespeare, le protagoniste est le vieux et grossier Pa Ubu, un maître malintentionné, pervers et malhabile qui a réussi coûte que coûte à conquérir la Pologne. Pour créer ce personnage, Alfred Jarry s’inspira d’un politicien entêté de son époque, Félix-Frédéric Hébert. Pa Ubu incarne tous les caractères qui rebutent, il est la personnification de l’absurdité, de l’incapacité, de l’avidité et de l’ignorance qui existent en ce monde. Dans cette œuvre, Jarry tente d’analyser le psychisme et évoque la réalité cachée qui existe dans l’inconscient et dans l’imagination de chaque homme.

Cette œuvre trouve son expression idéale dans le caractère du surréaliste espagnol Joan Miro qui a manifesté, plusieurs fois, son désir d’illustrer ce texte. Tériade a simplement choisi le moment opportun. Dès les premières pages, le peintre s’est abandonné sans réserve au flux du texte. La ligne s’émancipe fougueusement et un criblage de couleurs très franches couvre la page en tous sens. Tous les visages du texte de Jarry annoncent, comme des figures satiriques et fantastiques sur un décor de fond de scène, quelques thèmes de l’œuvre théâtrale. Le peintre crée ces figures en associant des caractères grotesques, avec l’intention de leur donner une existence à part entière. Il fait ressortir l’intérieur du monde sur lequel règne le rire, le burlesque et l’exagération. Ces créatures étranges de la ‘famille’ Miro, jouent dans l’obscurité artificielle de la scène, et émergent d’un lieu caché qui nous renvoie au coulisses de l’inconscient. Ce fond fantomatique souligne le caractère fougueux et rêveur de l’ensemble, en voulant étonner et provoquer l’imagination et l’esprit du spectateur avec la même volonté qu’il l’a fait se révolter lors de la première présentation de cette œuvre théâtrale.