Μουσείο - Βιβλιοθήκη - Στρατή Ελευθεριάδη - Tériade
GRANT LIVRES

Poèmes - Poèmes

Couverture et frontispice
Écrit
Edition
Henri Matisse (1869-1954)
Charles of Orleans (1391-1465)
1950, Paris
Imprimé en un volume 41,5 x 27,5 εκ.
Livre manuscrit d’Henri Matisse
100 lithographies en couleurs exécutées sous la direction de l’artiste par Mourlot
Tirage unique sur vélin d’Arches:
  • 1200 exemplaires, numéros 1-1200
  • 30 exemplaires hors commerce, numéros I-XXX
L’artiste français moderne et influent, Henri Matisse, a eu l’idée ingénieuse d’illustrer une série d’environ quarante poèmes lyriques du Moyen-Age, du français Charles d’Orléans. Ces poèmes, allégories d’amour, l’avaient profondément attendri et, après avoirchoisi les plus importants, il commença à les illustrer pendant l’hiver 1942. Il les termina en 1943. En accord avec lui, Tériade commença l’édition de ces poèmes subtils puis réussit finalement, sept ans plus tard, à éditer ce livre grâce à la lithographie qui était la seule technique qui donnerait à ces pages la pus grande force et fidélité poétique.

Matisse choisit par hasard une série de ces quelques poèmes et les classa d’une telle manière que l’un donne sens à l’autre. Ensuite, il les recopia avec une encre noire et une jolie calligraphie sur des feuilles et les entrecoupa de quelques dessins colorés simples. Son intention était qu’un dessin accompagne chaque poème pour donner une impression de correspondance avec le texte, c’est-à-dire la candeur, l’émotion profonde et expressive du sentiment amoureux. En général, toute l’iconographie correspond à la théorie personnelle de Matisse. Comme lui-même l’avait dit : « le livre ne doit pas avoir besoin d’être complété par une illustration imitatrice. Le peintre et l’écrivain doivent agir ensemble, sans confusion, mais parallèlement. Le dessin doit être un équivalent plastique du poème. ».

L’iconographie de ce livre commence par un portrait du poète qui caractérise la personnalité de ce dernier et amène le lecteur au plus près de lui autant que de son œuvre. Ce portrait n’est pas seulement le résultat de l’unique imagination de Matisse, mais plutôt celui d’une composition attentionnée, profonde et caractéristique de photographies et de tableaux d’un membre de la famille de Charles d’Orléans. Avec la même logique et pour transmettre l’expression analogue du poète, il réalise une série de figures féminines qui correspondent aux protagonistes de la scène d’amour.

Mais le motif que Matisse a essentiellement employé, parce qu’à sa connaissance, c’était le plus intime à Charles d’Orléans et qu’il traduit au mieux la personnalité du poète, l’espace de l’écrivain et plus généralement de son époque, est la fleur de lys, symbole héraldique de la monarchie française. La fleur de lys de la royauté française se répète avec d’innombrables variantes sur chaque page des poèmes et devient le thème graphique majeur sur lequel se fonde le livre. Chaque fois le lys, selon l’inspiration du dessinateur, compose une image différente, devenant oiseaux et feuillages de différentes natures.