Μουσείο - Βιβλιοθήκη - Στρατή Ελευθεριάδη - Tériade
GRANT LIVRES

Lettres Portugaises

Couverture et frontispice
Écrit
Edition
Henri Matisse (1869-1954)
Mariana Alcaforado
1946, Paris
Imprimé en un volume 26,5 x 22 εκ.
68 ithographies originales, dont 20 lithographies hors texte
Tirage unique sur vélin d’Arches:
  • 250 exemplaires, numéros 1-250
  • 20 exemplaires hors commerce, numéros I-XX
Les Lettres portugaises est le premier des livres de Matisse publié par Tériade. C’est l’artiste lui-même qui proposa ce texte étonnant, suite de cinq lettres écrites par une religieuse portugaise à un homme infidèle dont elle était passionnément éprise. Ces lettres parurent en 1669, elles connurent un succès extraordinaire. Matisse ému par les lettres de Marianna amoureuse et blessée, a ressenti le besoin de créer un livre qui contient ces lettres, parées de symboles, et d’une suite d’images qui traduisent le drame personnel.

Chacune de ces cinq lettres est illustrée avec un motif différent qui se répète, prolongeant ce que le dessin symbolise, alors qu’en même temps, chaque texte a un caractère particulier. L’artiste choisit la pomme de pin, la grenade, la pêche, la jacinthe et le grenadier fleuri pour suggérer symboliquement les différents états de l’amour et, parallèlement, il fait percevoir la nature et le monde matériel qui dominent dans les lettres. Ces enjolivures avec les lettrines qui commencent chaque paragraphe important, rendent la sensualité du texte de même qu’elles renouvellent la tradition du manuscrit historié.

Matisse considère le portrait comme un des plus expressif et dynamique moyen pour traduire la personnalité de la solitude, toutes ses pensées et toutes ses émotions. Il laisse alors libre cours à son imagination, à son instinct et à son intuition, puis esquisse une suite de 25 portraits. En s’efforçant de donner une solennité au caractère personnel de ces écrits et au drame que procure la solitude, il concentra son attention sur les caractères essentiels du visage, en refusant de produire des peintures mais des dessins, sauf quelques légendes manuscrites, prises dans les prototypes de lettres. La suite successive de ces portraits révèle au spectateur l’évolution de la passion amoureuse jusqu’au désespoir de Marianna, les changements du caractère psychique et les contradictions de ses émotions. Dans ces textes ressurgissent les souvenirs du mépris de la féminité, l’amour insatisfait et les bouleversements qu’a provoqué, dans sa vie, cet homme déterminé.