Μουσείο - Βιβλιοθήκη - Στρατή Ελευθεριάδη - Tériade
GRANT LIVRES

Jazz

Couverture et frontispice
Écrit
Edition
Henri Matisse (1869-1954)
Henri Matisse (1869-1954)
1947, Paris
Imprimé en un volume 42,5 x 32,5 cm.
Livre manuscrit de Henri Matisse
20 planches exécutées au pochoir, d’après les collages et sur les découpages de Henri Matisse.
Tirage unique sur vélin d’Arches:
  • 250 exemplaires, numéros 1-250
  • 20 exemplaires hors commerce, numéros I-XX
  • Il a été tiré en outre 100 albums sur vélin d’Arches à grandes marges, contenant les 20 planches, signées par l’artiste dans la justification du tirage.
Tériade impressionné par les puissantes qualités de la technique des gouaches découpées, suggéra à l’artiste français Henri Matisse, qu’il avait lui-même découvert les dernières années de sa vie, la création de ce livre unique grâce à cette méthode. L’artiste enthousiaste et inspiré, produisit 20 peintures entre 1943 et 1944, et les accompagna de son texte manuscrit écrit en 1946. le résultat fut la création de Jazz, un livre qui est catégoriquement le plus remarquable de tous ceux qu’il avait réalisé jusqu’à cette époque. Les images de Jazz se composent d’un assemblage de gouaches que l’artiste lui-même a peintes, coupées et collées directement sur le papier, de telle manière que se créent les formes qu’il désirait. Cet album, « l’improvisation colorée et rythmique d’une teinte vivante et crûe », comprend la condensation miniature de cette facture prototype, qui permettait à Matisse de pénétrer dans la beauté de la couleur et d’exploiter précisément sa potentialité et qui peut produire la couleur pure et la lumière, comme maîtresse de l’expression. Avec cette œuvre, il réalisa un tournant remarquable dans sa carrière et offrit une nouvelle perspective à l’art moderne.

Cette découverte révolutionnaire des gouaches découpées a permis à Matisse de pouvoir estamper la couleur et le dessin en un mouvement. Grâce à son ciseau, Matisse entremêle formes et dessins composant une œuvre qui rapproche des couleurs éclatantes. De cette manière, il suggère la sensation de profondeur et parvient à une précision unique d’une pureté parfaite via une économie du dessin. Matisse, en respectant certains canons, arrive toujours à considérer l’excès aboutissant à une forme de substance qui représente l’intérieur parfait de la vision et du sentiment personnel.

Bien que l’artiste se soit inspiré pour ce livre de ses souvenirs du cirque, des contes populaires et de ses voyages, il a choisi le titre Jazz parce qu’il a composé le support des gouaches découpées grâce à un rythme et un dynamisme qui égalent le dynamisme de l’écho d’un orchestre de jazz. Le combiné des différentes couleurs réalise une sorte de dessin tonique dirigé, duquel résulte une symphonie vivante de couleurs, un accord correspondant à une composition musicale. Pour renforcer et envelopper harmonieusement ses improvisations, il écrit son texte personnel avec de grandes lettres qui remplissent la feuille. Même si Matisse déclara que son texte jouait un rôle plus que décoratif et plastique, quelque chose comme un fond sonore se révèle, plein de sens et de poésie. Son style d’écriture entre intégralement en harmonie avec son choix, c’est-à-dire avec les pensées intimes de l’artiste et les profondeurs de l’homme, Henri Matisse, qui philosophe sur la vie et l’art.