Μουσείο - Βιβλιοθήκη - Στρατή Ελευθεριάδη - Tériade
GRANT LIVRES

L’ Enfance d’ Ubu

Couverture et frontispice
Écrit
Edition
Joan Miró (1893-1983)
Joan Miró (1893-1983)
1975, Paris
Imprimé en un volume 32,5 x 50,5 cm.
Livre manuscrit de Joan Miro.
20 Lithographies originales en couleurs
Tirage unique sur vélin d’Arches:
  • 120 exemplaires, numéros 1-120
  • 20 exemplaires hors commerce, numéros I-XX
Ubu Roi a si profondément touché Joan Miro qu’il a souhaité donner une suite à cette histoire pour se défouler avec son humour et son langage pictural personnel, ainsi que le ton satirique d’Alfred Jarry. Dans Ubu aux Baléares (1971), l’univers ironique et fantastique de Miro s’identifie une fois de plus au visage et au monde d’Ubu pour lequel il a calligraphié lui-même un texte très vivant. Dans L’Enfance d’Ubu (1975) ses peintures ont toutes pour modèle la joie de l’enfance. Le génie de Miro se déchaîne de page en page et retrouve une certaine inspiration surréaliste, sans le côté littéraire et narratif que comportaient souvent les œuvres du XXème siècle. Avec L’enfance d’Ubu, Tériade, à 78 ans, entreprend sa dernière édition.

Dans le premier de ces deux livres, Miro situe Ubu dans le lieu où il aurait lui-même aimé vivre, aux îles Baléares. L’identification totale du peintre au protagoniste se prolonge à l’intérieur des larges pages de ce livre, l’enthousiasme et la richesse des lignes de Miro rivalisent avec l’inspirateur essentiel, Alfred Jarry. En retrouvant l’écriture automatique, où l’association des mots et des souvenirs est l’inspiration souveraine, Miro nous fait entrer dans le monde d’Ubu avec son réalisme charnel et ses célèbres interjections. L’écriture devient le signe pur, elle passe telle quelle dans la composition plastique. L’artiste s’exprime de manière expressive et dynamique grâce à l’assemblage simple de la plupart de ses symboles.

Il demeure chez Miro et, dans ces deux livres, la fidélité à l’administration fondamentale du Surréalisme, traduisant le dynamisme de l’inconscient libéré de toute logique. Miro transforme les images de ses rêves et de son imagination en jeux optiques dynamiques qui traduisent, avec une vraisemblance parfaite, les liens mystérieux d’Ubu mineur et majeur, avec le monde. La ligne colorée de Miro, d’une liberté totale, improvise avec humour le petit monde excentrique des créatures imaginaires. Le fond monochrome et neutre sur lequel il y a des dessins, symbolise la correspondance entre le vide de l’espace et l’environnement du rêve, leur donnant la possibilité de se mouvoir librement. Ses figures animales et humaines, charmantes et singulières, ses formes d’une structure géométrique bizarre, alternent avec des lignes coupées, des ronds de couleur et des spirales produisant de multiples symboles éventuels, des liens métaphoriques et soudains. Miro, suggérant l’équivalence d’un langage inconscient, édifie instinctivement un dessin fait de symboles et de codes.