Μουσείο - Βιβλιοθήκη - Στρατή Ελευθεριάδη - Tériade
GRANT LIVRES

Divertissement

Couverture et frontispice
Écrit
Edition
George Rouault (1871-1958)
George Rouault (1871-1958)
1943, Paris
Imprimé en un volume 43 x 33 cm.
Livre manuscrit de George Rouault
15 stampes en couleurs
  • 40 exemplaires sur papier de Chine ancien, numéros 1 à 40
  • 1200 exemplaires sur vélin d’Arches, numéros 41 à 1240
  • 30 exemplaires sur vélin d’Arches hors commerce, numéros I à XXX
Divertissement est le premier « livre de peintre » que Tériade publie en ne s’appuyant que sur lui-même. Comme tous les livres qui suivirent, Divertissement est le fruit de l’amitié, cette osmose entre les artistes et celui qui sera pour eux beaucoup plus qu’un éditeur : l’homme qui les a instinctivement conduits, à travers l’aventure d’un livre, dans une entreprise dépassant naturellement le cycle quotidien de leur création.

L’attention particulière donné à ces livres est méritée : le peintre écrivit lui-même le texte à la main, ce qui orchestra un ensemble harmonieux avec la peinture. De cette manière, plastiquement d’abord, le peintre enrichit par sa calligraphie le livre tout entier. Le peintre et graphiste français Georges Rouault nous propose une écriture très pleine et large où le tracé harmonieux distingue chacune de ses lettres.

Lorsque Tériade demanda à Georges Rouault, un des plus important et créatif visage de l’Art Moderne, de lui donner son « cirque personnel », il toucha un des foyers de son inspiration, et en le faisant se concentrer sur ce thème, il l’aida à se révéler à lui-même. Le baladin et la danseuse étaient l’un de ses thèmes favori et ils caractérisaient son signalement personnel dans le style fauve et expressionniste. Rouault, dans ce livre estampe, avec des couleurs éclatantes et les émotions intenses que lui procure le monde du cirque, traduit , de son point de vue, les pensées profondes du cirque et pas seulement ce qui se voit du premier abord.

En employant des contours noirs intenses, des couleurs très onctueuses, des figures schématiques et dramatiques, il donne emphase à ces thèmes et transmet au spectateur l’intensité de ses émotions. La traduction de la passion avec laquelle vit l’humour tragique du cirque authentique couronne les formes et les dénature. En même temps, il utilise ce thème symbolique pour faire passer sa haine de l’hypocrisie, de l’immoralité et de la débauche, pour que finalement, les formes s’établissent avec démesure en s’imposant au spectateur.